Différence sexuelle, différence coloniale : la racialisation interroge la psychanalyse

Par traduit du portugais par Maria Cristina Poli, traduit du portugais par Andréa Máris Campos Guerra
Français

L’article explore les intersections entre psychanalyse, colonialité et racialité, questionnant la résistance historique de la psychanalyse à aborder les effets du racisme et de la colonialité dans la constitution du sujet moderne. L’analyse s’appuie sur les critiques de Frantz Fanon et élargit le débat avec les contributions d’auteurs décoloniaux tels qu’Aníbal Quijano et María Lugones. Le texte propose une réflexion sur la limitation eurocentrée de la psychanalyse classique, qui, en mettant l’accent sur la différence sexuelle, néglige la dimension raciale dans la formation subjective. Il souligne également comment les discours coloniaux ont instauré un régime de pouvoir qui a naturalisé les hiérarchies raciales et de genre, perpétuant des inégalités symboliques et matérielles. De plus, il suggère une nécessaire révision épistémologique de la psychanalyse à la lumière des critiques décoloniales, pour inclure la catégorie de race comme élément central dans la compréhension des dynamiques subjectives contemporaines. La proposition est d’avancer vers une psychanalyse engagée dans l’écoute des effets de la colonialité, en élargissant son potentiel critique et intervenant dans des contextes marqués par des inégalités historiques et structurelles.

Mots-clés

  • psychanalyse
  • colonialité
  • race
  • genre
  • sexualité
  • critique décoloniale
Voir l'article sur Cairn.info