La rencontre avec l’irréalisable du rapport sexuel à l’adolescence : une clinique au-delà de la perversion et des « organisations limites »
Le discours capitaliste différencie le champ de l’Autre forcluant la castration, faisant triompher l’individualisme et encourageant la consommation des choses et des corps. Sans référence au manque et en adoptant le social, la sexualité ne reste pas indemne. Problématique qui trouve un terrain propice à l’adolescence qui constitue la scène du marché du corps, de la sexualité, de l’inscription dans le lien social et est promue à l’époque contemporaine à un idéal. D’ailleurs, selon Winnicott et Lacan, l’adolescence est un phénomène social. En tant que cliniciens nous sommes de plus en plus confrontés à des sujets qui, sous la tutelle du discours postmoderne et sans le manque comme appui, trouvent des solutions douloureuses à la rencontre avec l’impossible du rapport sexuel pendant l’adolescence ou s’engagent même sur cette scène. On pourrait par conséquent parler d’une clinique de l’adolescence, sans nécessairement parler d’une clinique des adolescents. En se référant à un matériel clinique, l’article montre qu’il est profitable de nous abstenir du néo-conservatisme facile des classifications diagnostiques et de la référence à une normalité du développement et que créer du temps lors de la rencontre analytique pour permettre au sujet, en utilisant la pluralité des noms-du-père, de s’affranchir de l’impératif de jouissance et de prendre sa place en ayant comme seule boussole le désir, est libérateur pour lui.
Mots-clés
- discours capitaliste
- adolescence
- sexualité
- psychanalyse
- lien social
